miroir.mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle...

Isabelle Derigo expose pour la première fois un travail venant de son nouveau traité artistique: le Poubellisme. 

Pour succéder à une production largement manufacturière de l'art contemporain, le Poubellisme refuse de participer à plus de consommation en se composant essentiellement de matériaux  ayant été jeté après usage. Outil direct de création, le temps qui coule et façonne cette matière se manifeste, dans le Poubellisme comme dans la performance, tel un révélateur de la vraie beauté, essence de toutes choses reliant l’être humain à l’Esprit. Vision de la vie éternelle, le Poubellisme manifeste la beauté innée qui perdure au-delà de toutes apparences et fait prévaloir ainsi notre conscience universelle.

Isabelle engage les visiteurs de l’exposition vers cette définition plus profonde de la beauté en leur faisant découvrir le sens caché des choses; un détournement de notre vie de tous les jours qui reflète un équilibre subtil entre force et vulnérabilité. Tout au long de l’exposition Isabelle nous invite à interagir avec les œuvres. Elle propose tout d’abord de prendre en main des pièces en polystyrène, anciens emballages de protection pour tout ce qui est électroménager et autres. D'une utilité préalable robuste, elles sont devenues fragiles lorsqu'Isabelle les a conçues pour devenir des miroirs. Le nouveau sens rendu à ces polystyrènes permet aux visiteurs de cadrer eux-mêmes leur réalité en regardant l’espace autour d'eux directement à travers leurs reliefs, symbole de la nécessité d'aller au-delà de la surface. Isabelle nous engage ensuite à participer à notre conscience universelle par un acte quasi révolutionnaire qui est de nous laisser choisir des morceaux de déchets qu’elle a collectés sur les plages afin de les coller sur une énorme sculpture, oeuvre commune, véritable piédestal à la gloire de la beauté éternelle. Un autre jeu méditatif encore avec les bouteilles d'eau structurées comme des sculptures de cristal qu'Isabelle a déposées sur un verre ou un miroir, en équilibre lui-même sur un autre bouteille, nous posent la question de la pondération entre ce qui est utile et ce qui ne l'est plus. L'eau si précieuse contenue dans ces bouteilles, une fois consommée, enlève toute valeur à leur contenant; comportement souvent appliqué aux êtres humains qui après un certain âge ou suite à un accident ou même à une grossesse ne sont plus considérés comme utile à la société.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le Poubellisme n'est pas un art de l'objet, c'est un processus de conscience qui peut se décliner et se répéter à l'infini. Les expositions du Poubellisme sont des expériences de présence interactives à vivre et à penser.

 

Artiste de performance contemporaine